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Célébrités et publicités de jeu : démêler le vrai du faux sur les réseaux

Célébrités et publicités de jeu : démêler le vrai du faux sur les réseaux

octobre 5, 2026 Blog

L’autre jour, en scrollant sur Facebook entre deux vidéos de chats, je tombe sur une vidéo de Justine Katz qui, en gros, m’explique qu’elle a gagné une fortune sur une plateforme de crypto-casino. La voix collait, le visage bougeait presque bien, le décor ressemblait à un vrai plateau télé. Sauf que c’était totalement bidon. Zéro. Elle n’a jamais dit ça de sa vie.

Et le pire ? J’ai failli mordre pendant 4 ou 5 secondes avant que mon cerveau ne dise « hé, attends une seconde ».

Le deepfake est devenu la norme, pas l’exception

Ce qui se passe depuis quelques mois, c’est une explosion de fausses publicités de jeu qui utilisent frauduleusement l’image de personnalités connues. En Belgique, plusieurs présentatrices de la RTBF — Justine Katz donc, mais aussi Mariam Alard, Sandrine Dans, Daniela Prepeliuc — se sont retrouvées « actrices malgré elles » dans des campagnes d’arnaque à la cryptomonnaie qui ont tourné en boucle sur Facebook. Elles ont porté plainte, elles ont dénoncé publiquement, et pourtant les vidéos continuent de refaire surface sous d’autres comptes.

Le truc c’est que la technologie a passé un cap. Il y a deux ans, un deepfake mal fait se repérait à 10 mètres : lèvres désynchronisées, voix robotique, éclairage bizarre sur le visage. Aujourd’hui, franchement, faut vraiment regarder deux fois. Et encore.

Pourquoi les célébrités marchent aussi bien

C’est bête à dire mais ça fonctionne sur un ressort psychologique tout simple : si tu vois quelqu’un que tu connais (une présentatrice météo, un animateur, un footballeur), ton cerveau baisse la garde. Il se dit « ah tiens, elle, elle ne raconterait pas n’importe quoi ». Sauf qu’elle ne raconte rien du tout, en l’occurrence — c’est un algorithme qui a mangé 30 heures de ses apparitions publiques pour en cracher une version marionnette.

Les arnaqueurs ne prennent pas n’importe qui, non plus. Ils ciblent des visages familiers du grand public, pas des stars internationales. Pourquoi ? Parce qu’un anonyme n’attirerait personne, mais une célébrité mondiale déclencherait une équipe d’avocats en 24h. Le sweet spot pour eux, c’est la notoriété locale ou nationale.

Le cas Kanye et compagnie : quand ça sort du cadre francophone

Kanye West a été utilisé pendant des mois pour faire la promo de sites de jeu totalement bidons. Sa tête, son nom, parfois même des extraits audio recyclés de vieilles interviews, tout ça pour vendre des plateformes qui n’ont jamais eu la moindre autorisation. Le rappeur n’a jamais touché un centime de ces sites, évidemment. Ce qui n’empêche pas des milliers de gens de cliquer.

Et ce genre d’histoire, elle se répète avec plein d’autres noms. Elon Musk pour le trading crypto, MrBeast pour des faux giveaways, Cristiano Ronaldo pour à peu près n’importe quoi. La mécanique est la même, seuls les visages changent.

Comment repérer une fausse pub (les vrais indices, pas les évidences)

Je vais pas te ressortir le classique « regarde si l’URL est bizarre » parce que franchement, tout le monde le sait et les arnaqueurs aussi. Ils achètent des noms de domaine crédibles maintenant. Voilà plutôt les signaux qui me servent, moi, dans la vraie vie :

Signal Ce que ça veut dire
La célébrité parle en te regardant droit dans les yeux et te tutoie Aucune interview télé n’est filmée comme ça. C’est un montage recadré.
La promesse est chiffrée (« j’ai gagné 47 000 € en 3 jours ») Les vraies interviews ne balancent jamais de sommes précises pour vendre un service.
Le commentaire sponsorisé mentionne « lien en bio » ou « écris-moi en privé » Une vraie marque qui bosse avec une célébrité ne redirige jamais vers un DM.
La page qui héberge la vidéo a été créée il y a moins de 6 mois Les vrais partenariats passent par les comptes officiels, pas par « News24Info » créé la semaine dernière.
La voix a un très léger décalage avec les lèvres, surtout sur les consonnes labiales (b, p, m) Signature classique du deepfake, même les bons modèles galèrent encore là-dessus.

Petit ajout perso : j’ai remarqué que les fausses vidéos ont souvent un cadrage bizarre, genre la personne est trop centrée, trop rapprochée, comme si on avait recadré une image originale pour éliminer un contexte gênant (le vrai sujet de l’interview d’origine, par exemple).

Le côté « influenceurs » du problème

Ce n’est pas juste une histoire de deepfakes non plus. Il y a aussi les vrais influenceurs qui, eux, acceptent réellement des partenariats douteux. On l’a vu récemment avec la vague d’influenceurs installés à Dubaï qui, du jour au lendemain, se sont mis à changer de discours sur les Émirats après certains événements — passant de « tout va bien, venez » à des messages beaucoup plus mesurés, puis retour au « nous sommes en sécurité ». Ça donne un aperçu de comment le contenu sponsorisé peut être orienté à la demande, sans que le public le voie forcément venir.

Alors quand un influenceur suivi par 2 millions de personnes te vend un site de jeu, la question n’est même plus de savoir si c’est un deepfake — c’est de savoir combien il a été payé pour te dire ça, et s’il a lui-même vérifié quoi que ce soit sur la plateforme. Spoiler : souvent, non.

Les sites qui existent pour de vrai… mais qui ne devraient pas

Un autre truc à comprendre : parfois la célébrité est fausse ET le site est faux. Parfois la célébrité est fausse mais le site existe vraiment. C’est là que ça devient tordu, parce qu’on peut réellement s’inscrire, déposer de l’argent, et… ne jamais revoir cet argent. Le site Casino Night a d’ailleurs documenté le faux casino Kanye West, un exemple typique de plateforme qui a surfé sur l’image d’une star pour attirer des joueurs vers un service qui n’avait jamais eu son accord.

Ce genre de listing, franchement, c’est utile. Ça permet au moins de vérifier avant de s’inscrire quelque part.

Le réflexe qui devrait être automatique

Avant de cliquer sur n’importe quelle pub où une célébrité vante un site de jeu, tape simplement le nom de la célébrité + « deepfake » ou « arnaque » dans Google. Dans 90% des cas, tu vas tomber sur un article de démenti publié par la personne concernée ou son agent. Ça prend 15 secondes. C’est probablement le meilleur investissement de temps de ta journée.

Ce que les plateformes font (ou pas)

Meta, TikTok, YouTube prétendent tous avoir des systèmes de détection. Dans la pratique, c’est… moyen. Une vidéo signalée met parfois des jours à être retirée, et pendant ce temps elle a été vue par des dizaines de milliers de personnes. Quand la RTBF a alerté sur les fausses vidéos de ses présentatrices, plusieurs se sont plaintes du délai de réaction des plateformes. Et pendant ce temps, les mêmes vidéos ressortent sur d’autres comptes le lendemain, sous un autre nom, avec une variante du script.

C’est un jeu du chat et de la souris, sauf que la souris a une armée et le chat, un bouton « signaler » qui met 72 heures à répondre.

Perso, la seule vraie protection que j’ai trouvée, c’est la méfiance systématique. Si une célébrité te promet de l’argent facile, c’est faux. Point. Même si la vidéo est bluffante, même si le nom du site sonne pro, même si trois de tes potes ont liké la publication. Surtout si trois de tes potes ont liké la publication, en fait.

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